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Nous avions déjà parcouru le Canal du midi à vélo en août 2010 avec notre minipétoulette, alors âgée de 16 mois. Alors pourquoi y retourner 8 ans après? Parce que vous avez été plus de 100 000 à lire cet article, vous continuez à nous demander conseils pour partir en famille sur cet itinéraire. Malheureusement en 8 ans les choses ont beaucoup changé dans le coin et nos informations n’étaient plus fiables pour vous permettre d’organiser un voyage en 2018. Nous avons donc voulu voir de plus près si nos craintes concernant le tourisme intensif et l’élagage des allées de platanes étaient fondées, à savoir, chemin impraticable pour les remorques et les enfants, déficit d’information, manque d’ombre, dégradation des berges… Nous sommes retournés en mai 2018 suivre le canal du midi à vélo toujours, mais rien qu’en amoureux (cette fois-ci). Vous nous suivez ?

Pour les plus pressés, vous pouvez regarder la vidéo qui résume ce séjour de 4 jours le long du canal du midi en vélo.

 

Le parcours du canal du midi à vélo version 2018

Après la version Toulouse-Agde en 2010, nous avons choisi de réduire le parcours cette fois-ci à cause des grèves SNCF. Au final, 200km en 4 jours et 3 nuits en camping et chambre d’hôte sans réservation pour être plus libres de notre voyage.

Distance totale: 219.18 km
Denivelé total positif : 1003 m
Denivelé total négatif: -1035 m
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Nous avons pu prendre le TER de Montpellier à Carcassonne( avec un changement à Narbonne). Mais, faute de train retour, (et c’est tant mieux !) nous sommes rentrés directement à la maison (à côté de Montpellier) en passant par le lido de Marseillan à Sète puis en suivant le Canal de Rhone à Sète et l’itinéraire de l’eurovélo 8 de la Méditerranée entre les étangs. Nous avons découvert que la suite du canal du midi est encore plus belle.

Des berges moins accessibles aux familles

Dès le début du parcours, on découvre le changement, et à certaines endroits on peut même parler de carnage. Des platanes de plusieurs centaines d’années ont été abattus et leurs racines brulées. La faute à ce champignon microscopique qui se répand par le contact d’arbre en arbre appelé le chancre coloré. Les autorités ont dû abattre des dizaines de milliers d’arbres le long du canal pour éviter la propagation et en replanter d’autres. Mais quelle déception pour nous qui avions gardé en souvenir ces belles allées ombragées !

Sans rentrer dans le débat sur les causes de la propagation de ce champignon, pour nous, cyclotouristes, il faut retenir :

  • les arbres replantés sont jeunes et ne font pas encore d’ombre. Le canal est donc très ensoleillé et devient difficilement praticable en été.
  • l’élagage a endommagé (voire même détruit) les berges et le terrain est devenu très instable. Malgré le gravillon jeté ici et là, on retrouve le plus souvent, un terrain glissant marqué par des crevasses de pneus d’engins. La balade tranquille se transforme alors en sortie VTT plus sportive.
  • les berges en cours d’élagage sont fermées à tout passage. Mais la déviation n ‘est pas indiquée et les voies secondaires se font sur des routes départementales qui peuvent être dangereuses.

Tous ces points très négatifs nous donnent raison de ne pas être partis avec les enfants cette fois-ci. C’est ce que nous vous conseillons. A moins d’avoir des ados, ou même des pré-ados, ultra motivés et sportifs, il est vraiment inconfortable pour les enfants de voyager sur la totalité du canal du midi actuellement. Cependant, il ne faut pas voir le verre à moitié vide, certaines portions sont vraiment agréables pour des petites balades vélo à la journée en famille.

Pour notre weekend en amoureux, grâce à notre condition physique (on roule un peu, toutes les semaines mais suffisamment pour ne pas avoir mal aux fesses le lendemain) nous avons pu rouler sans difficulté sur des étapes de 40 à 70km. Cela nous a permis de profiter de ces beaux paysages et de ces belles prouesses techniques qu’offre le canal. Cela nous a rappelé d’excellents souvenirs, huit ans auparavant.

Nos étapes du canal du midi à vélo

Jour 1: Carcassonne – Puichéric 39km

Depuis le canal du midi, on voit très mal les beaux remparts de la cité. J’ai donc motivé le padré à faire un petit crochet pour déjeuner au pied des remparts. Ca valait le détour. Le vieux pont est ravissant et les petites ruelles plein de charme.

A la sortie de Carcassonne le chemin est encore préservé, les arbres coupés sont isolés.

Arrivés à Trèbes, une pause café au bord du canal. Super adresse au calme au bord de l’eau.

Avant d’arriver à Puichéric, vous ne manquerez pas l’écluse de l’aiguille  investie par un artiste sculpteur de bois et métaux. Un vrai musée à ciel ouvert !

On n’a été mal renseigné pour notre hébergement à Puichéric. La maison d’éclusier qui acceptait les tentes ne le fait plus. Nous avons donc dû trouver une autre solution de replis en urgence. Fatigués du voyage et des 40km de vélo sur un chemin en mauvais état, nous avons décidé de s’arrêter à Puichéric. Le château de Puichéric était complet malheureusement ce soir là. Et finalement à la sortie du village la chambre d’hôte du pont suspendu nous attendait. Nous avons pu ranger nos vélos à l’intérieur et profiter d’une grande (immense) chambre de 50 m² avec salon et hamac inclus. Le petit déj tout « fait maison » était un délice. Merci encore pour l’accueil.

Jour 2 : Puichéric – Capestang 54km

Sur cette portion il y a pleins de petits villages perchés sur le canal. C’est un cadre très agréable. Notre objectif était de déjeuner au Somail. Ce petit village était mon mon coup de coeur en 2010, qui l’est toujours huit ans après.

Arrivés au Somail, on retrouve cette ambiance unique. On ne pourra encore une fois pas visité la bibliothèque du Somail, si emblématique car elle n’ouvre qu’à 14h30. Et on a encore de la route jusqu’à Capestang.

Le déjeuner au Comptoir des couleurs au Somail était parfait. A l’ombre au bord de l’eau avec des produits frais, locaux et fait maison. Je vous le conseille. Surtout n’oubliez pas de réserver !

Juste après le Somail,  l’auberge de la croisade offre une vue magnifique au bord du canal, calme et conviviale. Nous ne nous sommes arrêtés pour un café seulement mais les plats avaient l’air délicieux.

On aperçoit de loin la collégiale Saint Etienne de Capestang.

La place du village a moins de charme que ce qu’on attendait. On retourne donc au bord du canal pour un apéro et un repas à la tente. Voici notre installation pour la nuit à Capestang. Le camping est désert, tellement calme qu’on a l’impression de bivouaquer.

Jour 3 : Capestang – Marseillan Plage 58km

Pendant cette nuit humide, notre tente s’est transformée en terrain de jeu d’excargots. Après avoir décollé une bonne vingtaine de mollusques, nous voilà repartis pour une étape très agréable.

Cette fois-ci au  tunnel du Malpas, nous avons posés les vélos pour descendre à pied jusqu’à l’entrée du tunnel. C’est impressionnant. Encore une prouesse de Monsieur Riquet! Pour permettre au canal de conserver son niveau, sans écluse, l’ingénieur a simplement demandé de tailler la roche pour construire ce tunnel. Une jolie réalisation qui change des écluses !

De l’autre côté de la butte, pour s’amuser, on peut traverser le tunnel puisqu’il y a une rampe  et sortir de l’autre côté mais impossible à vélo car il y aune quarantaine de marche pour remonter au dessus de la butte.

L’arrivée sur Béziers avec la vue sur la cathédrale Saint Nazaire est magnifique. De beaux aménagements ont été réalisés depuis notre voyage en 2010. Le revetement au sol est stabilisé. Les allées ont été agrandies pour permettre le partage de la voie entre les piétons et les cyclistes.

Ici on retrouve les 9 écluses de Fonséranes. Avec un dénivelé important pour les bateaux, en période de forte affluence touristique, il ne faut pas moins de de 2 h pour les traverser. A chaque écluse il faut laisser le temps à l’eau de monter au niveau de l’écluse en amont. Nous on préfère regarder le spectacle et continuer notre chemin.

C’est vraiment la partie du canal du midi que je préfère et je pense qu’on retournera faire cette portion avec les enfants.

J’ai toujours été fasciné par les ponts-canaux. Oui je sais, je peux être étrange parfois ! Mais imaginez la scène, rouler à côté d’un canal, qui passe au dessus d’un fleuve! Et si je vous dit que cette prouesse architecturale a plus de 150 ans. C’est incroyable non?

Après Béziers on retrouve le bithume. Et ça fait du bien ! Sisi je vous assure après 100km de chemin caillouteux et racineux, le dos, les bras, les fesses se reposent un peu. On passe à côté de manade de taureaux et de chevaux. On approche de la mer c’est sûr!

Puis on passe par les ouvrages du Libron. On a beau essayé de comprendre le fonctionnement mais j’avoue on a du mal. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! C’est bien joli, mais résultat il faut soit porter les vélos au dessus des barrières piétons, soit faire le tour par la route. Avec la remorque, n’essayez même pas c’est vraiment la galère.

Avant de rejoindre Agde, on passe par Vias. Et là on découvre que de nombreuses péniches sont installées à l’année. Les voitures sont garées le long du  canal, ce qui rend la balade moins charmante. Mais le plus gênant, c’est qu’avec les grosses pluie du printemps dernier, les chemins terreux sont devenu de vraies pistes de VTT avec des crevasses formées par la trace des pneus. Très déçus !

Avant de rejoindre la mer, on passe par Agde et et la réserve naturelle de Bagnas. Effectivement l’itinéraire n’est plus fléché à partir de la dernière écluse ronde d’Agde. Nous nous sommes un peu perdus en suivant la piste cyclable. Nous avons traversé une zone commerciale mais finalement nous avons réussi à rejoindre la réserve naturelle. C’est tout à fait réalisable. N’oubliez pas le GPS !

Jour 4 : Marseillan Plage – Montpellier 67 km

La soirée à Marseillan Plage fut très arrosée. Non pas d’alcool mais d’une bonne averse qui nous a obligé à prolonger l’apéro (c’est ballot!) avant de partir découvrir un super resto de poisson. Après une nuit dans un camping de Marseillan plage, direction Sète.

Le lido entre Marseillan et Sète est magnifique. On longe la mer sur une vingtaine de kilomètre. L’idéal est de partir très tôt car il n’y a que très peu d’ombre sur cet itinéraire jusqu’à Montpellier.

Sur le chemin on s’arrête boire un café, encore un ! Sur la plage avant d’arriver à Sète avec la mer et la vue sur le Mont Saint Clair. C’est la dernière fois qu’on sera sur la plage sur cet itinéraire alors autant en profiter.

La corniche et le théatre de la mer offre une vue splendide ! On se croirait en Espagne…

Après Sète, on enchaine plusieurs étangs aux décors magnifiques. Les routes sont goudronnées, bien fléchées et séparées de la circulation (sauf à Mireval). Il est possible de passer de l’autre côté de la voie ferrée et de ressortir par la gare si on veut éviter cette portion de 4 km très fréquentée.

Pour éviter de faire un détour par le grand pont de palavas, on peut passer sur un pont piéton (il faut donc porter les vélos) au niveau de la rue des 4 vents à Palavas (itinéraire indiqué par Géovélo mais par google maps).

En longeant le lez vous tomberez sur le Marché du Lez un lieu cosmopolite où il faut absolument s’arreter, ne ce serait ce pour boire un café (encore un et oui!). Il y a une brocante, des boutiques, et depuis juin 2018 des foodtrucks, terrain de pétanque…

En fin d’après-midi, on arrive à Montpellier en longeant le Lez jusqu’à l’hôtel de Région du quartier Antigone. C’est déjà fini !

Nos (bonnes) adresses :

Alors vous êtes prêts à partir (re)découvrir le canal du midi à vélo?

On répond à toutes vos questions les plus fréquentes dans un prochain article.

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